Interview de Traileurs : Retour d’expérience d’Erika et David sur la Transju’Trail 36 et 72 Km

Interview de Traileurs : Retour d’expérience d’Erika et David sur la Transju’Trail 36 et 72 Km

Deuxième épisode : Retour d’expérience sur la Transju’Trail, course qui s’est déroulée le dimanche 2 juin 2019. Erika était engagée sur le 36Km et David sur le 72Km, ils sont partis dans le Jura accompagnés de 4 autres coureurs.

Strendly : Bonjour à tous les deux, pouvez vous nous raconter votre dernière journée avant la course ?

David : Nous avons fait un petit footing de 30 min le matin, il faisait déjà très chaud. Nous avons ensuite été prendre l’ambiance au village départ pour retirer nos dossards. Après notre déjeuner nous avons fait une sieste et en fin d’après midi nous avons fait une partie de pétanque et une petite promenade pour se changer les idées.

Strendly : Quel a été votre dernier repas la veille de la course ?

Erika : Des galettes de quinoa, une recette maison pour éviter les fibres et un morceau de banane en guise de dessert.

Strendly : Avez-vous réussi à dormir un peu ?

- Pour les partants du 72 km, le réveil a sonné à 2h30 du matin pour pouvoir prendre la navette qui partait des Rousses jusqu’au départ à Mouthe qui était donné à 5h30. Pour le 36Km c’était réveil 6h pour un départ de la course à 9h15 à Morez -

Erika : Nous nous sommes couchés à 22h30 car nous savions que nous n’allions pas beaucoup dormir, on a profité des jours précédent pour se détendre et se reposer.

David : Comme prévu, j’ai dormi très peu la veille comme l’avant-veille d’ailleurs.

Strendly : Comment s’est passé le trajet jusqu’au départ ?

David : Nous sommes arrivés sur le site du départ 1 heure avant la course, le trajet en navette a duré une heure, il faisait très chaud à l’intérieur, on commençait déjà à transpirer et en descendant du bus il faisait à peine 8 degrés, ensuite nous avons attendu 45min dans une salle où l’organisation avait prévu de l’eau et du café.

- Pour le 72 km les 36 premiers kilomètres sont uniques et la deuxième partie est commune avec le 36km -

Strendly : David, sur le 72, comment s’est passé les 36 premiers kilomètres ?

Ça s’est très bien passé, avec mes problèmes d’estomac j’étais très prudent, j’ai marché dans presque toutes les montées et aussi même parfois sur le plat pour ne pas trop faire monter ma fréquence cardiaque, elle n’est jamais montée au dessus de 130 - 135 pulsations par minute. Je suis arrivé au 36ème km en 20ème position en 3h25 sur environ 300 participants.

Première partie très sympa notamment avec l’ascension du tremplin au 6eme km, c’était marrant, pas mal de marches à monter. Et après l’ascension de la Roche Champion, une belle petite montée assez technique et très raide avec des câbles pour se tenir, environ 300 mètres de dénivelé positif en 1km. Le reste était assez roulant, c’était vallonné, avec un peu de plat dans les champs. On est passé par des zones de silence. Très joli parcours avec vue sur des lacs. Il fallait beaucoup courir il n’y avait que 1200 mètres de D+ sur la première partie mais c’était bien réparti. Beaucoup de sous bois aussi et de clairières.

Avec une température de 15 - 16 degrés et sous bois pour courir c’était top. De Morbier à Morez par contre c’était une descente d’environ 10km en plein soleil on a eu très chaud. Je suis arrivé à Morez 20 min avant le départ du 36km pour attaquer la montée avec 500 m de dénivelé positif, j’étais frais, encore bien, pas de douleurs musculaires. J’arrivais à courir en montée sans soucis.

Nous avons eu droit à 3 ravitaillements sur les 36 premiers kilomètres.

Strendly : Comment s’est passé la deuxième partie ?

J’étais bien jusqu’au 40ème km, tout en économie, j’étais même frustré de me freiner en voyant certains me doubler, j’ai respecté ce que j’avais prévu pour essayer de finir la course sans avoir de problèmes d’estomac. Je m’arrêtais souvent de courir, je marchais, je prenais à boire. Et après la grosse montée en plein soleil j’ai commencé à avoir mal à l’estomac, je sentais mon cœur s’accélérer et j’ai commencé à avoir mal au crâne. Apres c’était tout, j’ai commencé à régurgiter et là plus rien, plus de forces, la tête qui tourne avec l’envie de vomir. Tout est arrivé en peu de temps et à partir du 42ème km c’était cuit. J’ai arrêté ma course au 51ème km. Je ne suis pas du genre à abandonner mais je sentais que je pouvais me faire du mal, je n’avançais plus, j’ai du me résoudre à stopper ma course. Surtout que j’ai le marathon du Mont-Blanc dans un mois, et que je prévois d’enchainer avec le Trail des Tordus pour me qualifier aux championnats de France et après y participer au mois d’Août.

Erika et David au village départ de la Transju'TrailErika et David au village départ à Morez

Strendly : Erika, comment te sentais tu les dernières heures avant de partir ?

Très motivée, avec le fait d’être arrivée longtemps à l’avance et de ne pas pouvoir profiter pleinement de tous ces paysages, j’avais très envie d’y aller.

(Erika et David sont arrivés dans le Jura le mardi soir, il faisait 2 degrés et la course s’est déroulée le dimanche par 30 degrés) 

Par contre je n'ai pas très bien dormi les deux nuits avant la course. Mais l’envie était au dessus de la fatigue. J’avais tellement hâte d’y être.

Strendly : Tu n’as pas ressenti le manque de sommeil pendant la course ?

Je pensais que j’allais être fatiguée mais finalement ça a été. J’ai juste eu les mollets assez lourds au départ mais dès que c’était chaud je n’ai plus eu mal.

Strendly : Avant de partir, tes impressions sur le parcours ?

Je l’avais déjà fait l’année dernière donc je le connaissais. Je savais que c’était difficile mais là c’était la chaleur qui m’inquiétait plus qu’autre chose.

Strendly : Comment s’est passé le départ pendant les tous premiers kilomètres ?

Super départ car on était bien placé, devant, il n y a pas eu de bouchon, j’ai pu prendre mon rythme rapidement. Musculairement ce n’était pas aussi difficile que l’année dernière. J’étais bien, mieux préparée et mon corps s’est bien adapté à la préparation. L’année dernière c’était plutôt de la découverte, je débutai dans le Trail en montagne et j’ai du faire avec plusieurs blessures. Là, les côtes sont bien passées, dès le départ dans le village, j’ai déroulé, j’ai attaqué la première grosse montée en étant bien. Par contre, en plein soleil dès le début j’ai senti que ça commençait à chauffer. Mais j’étais bien placée, il y avait deux ou trois filles devant moi, j’en ai doublé une dans la cote et j ai gardé ma place un bon moment.

Ensuite j’ai eu une gêne, un point sous les cotes, comme un point de coté. Une douleur que j’ai déjà eue plusieurs fois. Normalement il faut que je marche, que je respire fort en appuyant dessus pour que cela passe j’aurai du le faire tout de suite mais j’étais dans une partie de la course ou je savais qu’il fallait que j’avance, il fallait que je cours.

Finalement le point n’est jamais parti, il s’est intensifié, je l’ai bien senti au bout de 7km et plus je courais plus ça devenait douloureux. À partir de là j’ai commencé à appuyer régulièrement dessus en soufflant fort, ça partait puis ça revenait.

Ce qui m’a fait tenir c’est justement que ce n’était pas une course plate. S’il avait fallu courir tout le long, je pense que je n’aurais pas terminé la course. Là, dès que ça montait et que je pouvais marcher, je ne sentais plus la douleur donc je marchais vite et sur les parties plates je tenais le point, je courrai avec la main dessus. Dès que ça faisait mal je marchais, même sur le plat et dès que ça montai j'essayais de marcher vite. En descente pareil je ne pouvais pas y aller à fond parce que j’avais peur que le point s’intensifie et que je m’arrête totalement. Jusqu’au 15ème km, j’étais vers la 4ème place puis après 2 filles passent devant moi. Je ne pouvais pas accélérer sur le plat ni les descentes qui pourtant me plaisaient bien, même en montée j’essayai de gérer pour ne pas m’arrêter car c’était quand même très douloureux. Ça, plus la chaleur…

Strendly : Quand même un peu de frustration alors ?

Erika : Oui un peu de frustration car j avais les jambes…

David : Le podium était "accrochable"

-Rires-

Erika : Je ne peux pas dire ça car on ne sait jamais

- Le podium était à 15 min, la première des filles à 24 min.-

David : Sachant qu’Erika ne courait presque pas sur les parties plates alors que c’était son point fort.

Erika : Musculairement je sentais que j’étais prête. J’avais l’impression de moins avancer sur les parties plates que l’année dernière mais plus rapidement sur les parties en montée. Je n'avais pas de douleurs musculaires, même au niveau du souffle ça allait c’est juste la douleur du point.

Strendly : Quels étaient tes objectifs avant la course ?

Je visais un top 10, et je voulais faire 30 min de moins que l’année dernière, ça faisait 4h40 à peu près  mais avec la chaleur c’était impossible pour tout le monde, on a mis plus de temps que prévu que ce soit sur le 72 ou le 36.

Jamais je n’aurais cru, dès le départ quand j ai eu mon point de coté, finir la course et surtout finir à cette position là. J’étais super contente et je le suis encore d’ailleurs ! Je suis fière !

Contente d'avoir bien tenu mentalement aussi car j ai eu des parties dans le dur, beaucoup, même toute la course avec mon point, c'était dur, plus dur que l’année dernière. Du coup je pensais à tout ce dont nous avions parlé pendant l’entrainement, tout ce que David m’avait conseillé de faire si j'avais des douleurs comme ça et voilà c’est passé quand même.

Strendly : Donc tu arrives à repenser aux choses qu’on te dit à l’entrainement au bon moment ?

Erika : Oui, heureusement !

David : Quand je donne les conseils à l’entrainement souvent les athlètes se disent "ouais, d’accord" et finalement à force de les répéter ça rentre et ça revient au bon moment, quand on en a besoin.

Erika : David m’avais bien motivé, il savait que j’allais faire une bonne place.

David : Oui, tu étais en forme.

Erika : Moi je n’avais pas confiance en moi plus que ça.

David : Le seul truc c’était le temps, je ne savais pas comment tu allais supporter la chaleur. Il a fait froid pendant toute la préparation et là 30 degrés les 3 derniers jours. Ce n’est pas des petites chaleurs.  On a fait toute la préparation dans le froid, la dernière longue sortie on l’a faite avec gants et bonnets !

Strendly : Tu penses à quoi pendant les derniers kilomètres ?

Erika : À finir ! –Rires- T’es contente de finir ! Ils sont long les derniers kilomètres, enfin là j’ai parlé avec un autre concurrent. Sinon il y avait la musique, Queen que j’aime bien du coup ça m’a fait penser au film ça me changeai les idées et j’étais contente de finir. Je savais que j’étais à une bonne place et j’en avais tellement bavé sur la course que j’étais contente d’arriver. Sinon, moi qui ne bois jamais de bière, j’ai eu une envie d’être à la terrasse d’un café avec une bonne bière fraîche je ne sais pas pourquoi ! La couleur et la fraîcheur peut-être.

Strendly : Quelle est ta satisfaction ?

– Erika termine 6ème féminine sur 102 et 60ème sur 460 concurrents hommes et femmes réunis-

Avoir fait une si belle place sur une course aussi dure, en plus pas au top. J’ai déjà fait beaucoup de courses ou j’étais bien maintenant je sais ce que c’est d’être un peu plus mal. Etre récompensée après tous les efforts que j'ai fait et pour le coach aussi lui montrer que ses entraînements portent leurs fruits. Ça donne également confiance pour la suite, continuer les entraînements.

David : Après ce qui est bien aussi c’est que le fait de faire une course qui n’est pas parfaite avec des pépins physiques permet aussi d'apprendre un peu plus sur soi.

Erika : J’ai également appris beaucoup sur la préparation de la course, la préparation du tracé, qu’il faut qu’en une ou deux séances de repérage du tracé tout soit prêt et ne pas revenir sur la carte un nombre incalculable de fois, ça engendre du stress qui ne sert a rien.

Strendly : Qu’avez-vous pensé de l’organisation ?

Erika et David : Très belle course, pas assez connue par rapport à ce qu’elle vaut, très exigeante ce n’est pas de la petite course, c’est vraiment de la course de montagne. Très technique, ça ne parait pas mais il y a beaucoup de pierres. Les descentes ne sont pas toutes lisses, il faut quand même avoir « du pied ».

L’organisation est sympa, peut être un peu moins bien que les années précédentes en tout cas que l’année dernière vu que c’était les 10 ans. Les ravitaillements étaient un peu plus limités. Il n’y avait pas de médaille à l’arrivée c’est quand même dommage ça aurait fait un beau souvenir et à la place d’un t-shirt au départ on à eu 3 fioles d’huiles alimentaire de la région, c’est bien mais va-t-on les garder après leurs utilisations ?

Le séjour en groupe était vraiment sympa avec la famille et les amis, c‘est plus ça qui à fait que c’était vraiment sympa. Puis les bons résultats du groupe. -On rappelle que David est entraîneur-. Même si ça n’a pas été pour moi ça a été pour les autres, ça remonte le moral.

Strendly : Le balisage ?

Très bien fait après ça reste un Trail, il faut rester lucide jusqu’au bout, il ne faut pas louper une balise ou une flèche. Mais en gros les indications étaient claires.

Strendly : En résumé ?

Course très exigeante surtout la deuxième partie, c'est-à-dire que tu peux courir sur les 36 premiers kilomètres mais il faut en garder pas mal car la deuxième partie est très difficile. En regardant les temps on voit qu’en général les concurrents de la 72 mettent 1h voir 1h30 de plus à faire la seconde moitié de la course. C’est quand même beaucoup plus dur et là avec la chaleur ça n’a rien arrangé.

On n’a pas eu trop de temps pour s’adapter au changement des températures, on a eu un printemps pluvieux et on arrive là c’est  la canicule. C’est compliqué à gérer.

Course à refaire. 

Strendly : Qu’avez-vous pensé du Jura ?

Erika : Magnifique !

David : On a du mal à partir !

Mais il nous tarde quand même de retrouver notre chienne Maya qu’on n’a pas pu emmener cette fois-ci.

MayaMaya, 3 ans, croisé Berger Australien et Border Collie

 

Articles testés pendant la préparation par Erika et David :

  • Soutien-gorge avec bretelles réglables
     

    Erika : Brassière très confortable, pas d’armature, elle ne bouge pas, on peut régler les bretelles ce qui est bien, elle absorbe bien la transpiration. Les coques partent au lavage mais moi je les ai enlevées. Soit il faut les coudre dedans, soit les retirer, soit les remettre à la main après lavage. Fait pour des petites ou moyennes poitrines pour les plus grosses poitrines il faut des armatures. Bon Design, bonne couleur, dans les tendances actuelles.

  • Chaussettes waterproof

    David : Très pratiques en temps de pluie et de froid, elles sont parfaitement étanches et elles coupent bien du vent (pratique aussi pour le vélo). Utilisées sur une course officielle de 20 km dans la boue (2ème au général), je ne les ai pas senti c’était nickel, je n’ai pas trop transpiré dedans, ça n’a pas généré de transpiration supplémentaire. C’est plutôt pour le printemps, l'automne et l’hiver car elles sont un peu épaisses. La hauteur est parfaite. Il faut penser à couper l’étiquette qui peut gêner.

  • Chaussettes Aonijie

    Erika : Chaussettes plus épaisses que la moyenne donc plutôt pour l’hiver. Elles sont très confortables, chaudes, je conseille pour des sorties Trail longues quand le temps n’est pas terrible. Pas pour les séances courtes et intensives. Les boules sur les chaussettes sont très bien car elles massent, personnellement je les met également pour la récupération en marchant sans chaussures, elles font office de chaussettes massantes et de récupération. Elle monte bien. 

  • Lampe

    Erika : Eclairage assez diffu, et autonomie max 6h, plus pour être vu que voir. Parfait comme lumière de sécurité. Harnais réglable et bien maintenu.

  • Gilet Aonijie

    Erika : Gilet très léger et souple qui épouse très bien le corps. Pleins de poches pour emmener tout ce dont on a besoin. Le plus, une poche zippée très bien placée pour sécuriser le téléphone portable. En plus de la poche à eau dans la poche arrière, il y a la place pour pas mal d'autres choses, coupe vent, gants, bonnet etc. Matière très solide.
  • Collant trail

    David : J’ai eu peur qu’il ne tienne pas car il n’y a pas de cordon à la taille mais finalement il tient très bien, il ne glisse pas. Je suis grand et il est un peu court pour moi (1m88 83Kg), il fait plus office de corsaire. Moulant mais pas compressif. Le collant ne bouge pas même pendant mes séances de fractionné. Je transpire beaucoup mais il ne descend pas. Bien chaud, confortable on ne sent pas les coutures. Aucune poche. Réfléchissant.

  • Gilet Ultra-tri

    David : J’ai fait tous mes entraînements longs et la Transju’trail avec et c’était nickel. Pleins de poches faciles d’accès et souple ce qui est un plus contrairement à d’autres grandes marques. Le gilet n’est pas imperméable et les affaires peuvent être mouillées à l'intérieur. Poches zippées très pratiques. Les poches pour les flasques sont très bien, faciles à ranger et à retirer sans que ça dépasse de trop. Testé avec 2 flasques de 250ml mais avec des 500 ça passe aussi. Bien ajuster les attaches devant et refaire un tour de l’accroche si nécessaire. Taille un peu juste pour les grands, léger. 

  • Coupe pluie et vent

    Erika : Coupe pluie efficace et très bon coupe vent. Il est très léger et prend très peu de place dans le gilet. Assez ample, il s'enfile facilement même au dessus du sac d'hydratation. Poches latérales et poche arrière zippées. Convient également pour le vélo.

  • Ceinture

    Erika : Très bonne ceinture pour emporter ses clés, mouchoirs, téléphone portable etc. Peu contenir une flasque de 250ml, pas plus car elle risque de ballotter. Le maintien vraiment est très bon. 

  • Flasques


    David : Il faut bien les nettoyer au début pour l’odeur. Très bonne qualité, agréable au toucher et facile d’utilisation, robuste. Pas tout à fait la même matière que d’autres marque mais de qualité identique.

Vous pourrez lire la suite des avis de David et Erika sur nos produits dans notre prochain article.

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